
·S1 E213
Faire la paix avec notre propre folie - Sabrina Philippe - Dialogue 213
Episode Transcript
Parce que dans la folie, il y a aussi quelque chose d'extrêmement beau, il y a quelque chose d'extrêmement lumineux.
Il y a de la souffrance, on peut pas l'enlever hein ?
Je suis pas en train de dire que la folie c'est pas de la souffrance.
Mais même dans la souffrance, il y a quelque chose d'extrêmement puissant, d'extrêmement beau, qui vient aussi dire au fond ce que nous sommes vraiment, ce qu'il y a au fond dans l'abîme de notre cœur.
Un des axes aussi du du livre.
Et là, tu marches vraiment sur un fil pour une part.
La folie, c'est une faille dans le contrat collectif du réel plutôt que d'un individu défaillant.
Oui.
Bonjour, Bienvenue dans dialogue je suis Fabrice midal, le philosophe plein d'enthousiasme qui aime partager ses passions avec vous.
Auteur de nombreux livres dont suis-je hypersensible et les princesses ont toujours raison.
Ah oui, les princesses ont toujours raison.
Si vous écoutez ce podcast, c'est que vous partagez sans doute cette conviction qui est au cœur de tout ce que je vous propose.
Dans la vie, il y a des moments difficiles, il y a de la douleur, il y a des ruptures, il y a des moments où on a peur et il faut arrêter de dire des conneries à ce sujet.
Il y a des épreuves et quand quelqu'un dit la vérité, c'est merveilleux, c'est éclairant, ça donne un chemin.
Et on se sent entendu et écouté dans nos propres difficultés, qu'elles soient légères et momentanées ou plus graves.
Et bien dans cet épisode de dialogue, je reçois Sabrina Philippe dont le dernier livre son roman m'a profondément ému pour la radicalité avec lequel elle cherche à te dire la vérité.
Bonjour Sabrina.
Bonjour Fabrice.
C'est très très émouvant de te rencontrer.
Parce que lire ton livre, c'est vraiment une expérience très très émouvante.
C'est un peu le sens d'un d'un roman.
Moi je j'en j'en lis peu.
Moi je suis plus dans dans les, dans les essais des livres de de philosophie ou des livres où on apprend des choses.
Là on rentre dans une dans une dimension très profonde, intense et émotionnelle.
Donc c'est c'est.
C'est assez émouvant de partir de là parce qu'au fond c'est.
En entrant dans l'émotion, que quelque chose se libère et et s'éclaire, si, si.
Je comprends bien ce que tu essayes de faire dans dans tes romans et ton roman.
Essaye de nous faire entrer dans cette expérience, nous faire sentir qu'on est dans le monde, la plupart d'entre nous un peu perdus, qu'on nous demande de faire semblant et que parfois ce décalage nous rend fou.
Exactement, c'est très bien résumé, merci Fabrice.
C'est exactement ça.
On essaie tous de faire semblant.
On essaie tous de de se calquer sur la norme en permanence et et c'est un exercice extrêmement difficile.
Mais tout petit, déjà, c'est très difficile.
Et ça, je trouve très beau de qu'on puisse dire ça, parce qu'au fond, c'est un peu ça le CE que tu essaies de faire dans dans ce livre.
C'est qu'en général on le sent tous ça, mais on doit pas le dire.
Donc y a double, y a double peine, un on doit faire semblant et 2 on doit faire semblant qu'on fait pas en train de faire semblant, c'est.
Ça et puis après on oublie peu à peu, avec l'âge, on.
Oublie qu'on fait semblant.
On oublie qu'on fait semblant de faire semblant, mais ça reste pour autant et ça nous fait souffrir toujours.
Comment ?
Comment ?
Par quel chemin tu en es venu à vouloir entrer dans cette dans cette question qui est une question ?
Voilà, c'est pas facile de percer le mur du semblant.
Qu'est ce qui t'a donné envie ?
Qu'est ce qui t'a poussé ?
Oh, sans doute parce que j'ai beaucoup fait semblant moi même, et qu'il m'a fallu du temps pour arrêter de faire semblant, tout en sachant que il faut toujours s'adapter quand même.
Oui parce que oui, oui c'est clair, tu c'est c'est pas.
Ton propos n'est pas à arrêtons de faire semblant parce que ça n'a pas de sens.
On peut pas faire autrement que de vivre dans une société, et cetera.
Mais c'est se permettre nos différences à l'intérieur, se permettre d'exister différemment vis-à-vis de soi et arrêter de se fustiger en se disant mais là j'y arrive pas, c'est trop compliqué, la marche est trop haute.
Comment on devient ?
Comment on a ?
Comment on a ?
Je pose la question parce que moi c'est tellement loin de moi.
Comment on on ?
On en vient à écrire un roman à partir de cette énigme là.
Pour moi, c'est un peu particulier.
L'écriture de roman, c'est un processus aujourd'hui que je connais bien.
Ce sont les personnages qui me parlent, donc je peux, je peux dire plein de choses a posteriori sur ce que j'écris, mais ça serait faux.
Ivan, puisque c'est le personnage, un des personnages principaux est venu me parler avec son phrasé.
Je l'ai entendu moi dans ma tête, il est venu m'expliquer ce qu'il vivait sa vie.
Alors est ce que ça se nourrit bien sûr de parce que je suis psychologue, donc est ce que ça se nourrit de ce que j'ai entendu ?
Forcément.
Mais j'en viens souvent à penser que mes personnages vivent ou ont vécu quelque part.
Bah c'est un peu c'est c'est je comprends ce que tu dis.
C'est sûr que moi la plupart du temps quand je lis un roman mais ça c'est bon, moi ça m'ennuie au plus haut point en général j'aime pas.
En plus il se trouve que j'aime pas trop les histoires mais c'est sûr que tes livres à toi sont très différents.
Je pense qu'il y a vraiment ce côté.
C'est sûr que je me souviens, j'ai j'ai lu.
Un de tes précédents livres que tu as publié en 2017, c'est.
Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part et.
Et les personnages m'habitent encore.
Et je me disais avant de faire notre entretien, mais quand même, c'est tout à fait étrange.
Pourquoi la plupart des des romans que je lis, je les ai oubliés.
Et les personnages de tes romans ont une sorte de présence ?
Je les sens.
Et donc je ce que tu dis, je comprends qu'ils viennent te visiter parce que on sent par rapport à des gens qui inventent des personnages et et voilà, c'est ça.
Mais chez toi on sent une une sorte de densité, de gravité, d'étrangeté et de vérité qui vient sans doute de la manière dont c'est eux qui viennent te te visiter.
C'est eux qui viennent me chercher.
Bon bah là c'est t'as dû vivre.
Une expérience pas évidente parce que c'est des personnages on va, on va pas raconter l'histoire parce que moi je j'aime pas ces entretiens où on le romancier raconte l'histoire parce que quand on l'a pas lu c'est ennuyeux.
Et donc par contre ce que je pense intéressant pour pour tous ceux qui nous écoutent, c'est comprendre un peu chacun des personnages le le CE qu'ils nous disent là de de ce défi qu'ils ont vécu, qu'on a à vivre.
Et comment ça peut éclairer cet abîme ?
Comment réussir à à faire face ?
Il YA1, autre point qui me semble frappant de de ton travail, c'est l'immense compassion que tu as pour ceux qui parviennent pas à habiter la normalité.
Et là aussi, ton livre est est salutaire et on a envie que beaucoup de gens le le lisent parce que le rapport habituel qu'on a.
Enfin, c'est qu'on a un rejet, on a peur, on a peur.
Et toi t'essayes un aspect de ton lit ?
Je sais pas si c'est si tu es d'accord ou pas.
Oui, tout à fait.
Un aspect de ton lit, c'est le contraire.
Oui oui, parce que on a peur de ce que l'on ne connaît pas déjà.
Donc en connaissant mieux, on a moins peur.
Ça c'est la première chose.
Mais aussi je pense que.
On a peur d'être fou nous même.
On a peur de notre propre folie.
C'est pour ça qu'on vient se rassurer tout le temps.
Ce que je le fais bien, ce que je l'ai bien fait, ce que je l'ai bien dit, ce que j'ai raison de penser, ce que je pense.
On a peur nous même d'être au bord de l'abîme.
Il faut pas avoir peur non ?
Pourquoi il faut pas avoir peur ?
C'est c'est terrifiant la folie.
Oui, pour qu'on devrait pas avoir peur de la folie.
Parce que dans la folie, il y a aussi quelque chose d'extrêmement beau.
Il y a quelque chose d'extrêmement lumineux.
Il y a de la souffrance, on peut pas l'enlever hein ?
Je suis pas en train de dire que la folie c'est pas de la souffrance.
Mais même dans la souffrance, il y a quelque chose d'extrêmement puissant, d'extrêmement beau, qui vient aussi dire au fond ce que nous sommes vraiment, ce qu'il y a au fond dans l'abîme de notre cœur.
Et donc au fond en voulant après il y a 2 pôles, il y a le pôle de la folie qui est qui est douloureux.
Et qui est une une expérience un peu limite d'essayer d'être trouver une forme de lumière et d'authenticité.
Et l'autre pôle, c'est la normalité grise.
On est tellement rentré dans le moule qu'on est plus vivant.
Au fond, il faut trouver un équilibre entre les 2.
Et bien sûr, des moments où on doit passer par la normalité et des moments où on doit passer par la folie.
C'est cet équilibre qui rend.
Qui signe notre humanité et.
Nos et et nos.
Nous acceptons tous cette normalité, un peu comme je l'ai, comme je dis, un peu grise, et on est donc au fond, lire ton livre, c'est c'est approcher les lignes de de cette de notre propre folie avec avec tendresse.
Exactement, et c'est le cas de ce roman, comme les autres d'ailleurs.
Souvent, ce sont des personnages qui sont souvent au bord de l'anime.
Tu as travaillé en hôpital psychiatrique ?
Donc c'est important de je pense de de le rappeler pour montrer que c'est pas une élucubration t'as été en rapport à à à la souffrance et ça et ça habite ton enfin ça nourrit ta compassion pour la souffrance d'avoir.
Ma compassion et, je l'espère, ma justesse pour moi, et même en tant que lectrice, ça m'est vraiment insupportable parce que je suis une grande lectrice aussi et j'aime bien lire des romans.
Y a une chose que je ne supporte pas, c'est quand ce n'est pas juste.
Et la souffrance il faut pas la travestir, il faut pas la la tromper quoi.
Oui il faut.
C'est très bien que tu dis ça.
Je pense que c'est vraiment ce que fait ton livre.
Et ce qui me semble tellement important c'est de pas faire semblant par rapport à la souffrance.
Au fond, ce que j'ai souvent, qui est un peu un des fils rouges de ce que je fais dans ce podcast, c'est d'arrêter ce discours.
Il y a, il y a vous appuyez sur un bouton et vous allez plus souffrir.
Exactement.
Tout être humain souffre et et avoir un rapport plus adulte à sa souffrance, c'est c'est ça le chemin d'une vie et c'est ça qui peut nous aider la.
Souffrance, on l'a plusieurs fois dans notre vie.
Parfois on continue.
D'ailleurs, on est quand même beaucoup dans une société justement hyper normée, où la folie même la folie est encadrée.
C'est c'est.
On est dans l'année de la santé mentale.
Ceux qui en parlent bien souvent ont un discours eux-mêmes un peu successful.
C'est ça ?
Oui, en fait, comme si le fait d'aller mal et de souffrir était une faute et pas et pas une part de l'existence.
Regardez comment je m'en suis sortie finalement, et je pense que c'est très.
C'est encore plus culpabilisant, c'est à dire qu'on parle de souffrance.
Mais Regardez comme c'est je, je m'en suis sortie.
Je suis adaptée, c'est formidable et pour moi ça m'est insupportable parce que quid de tous ceux qui regardent ça ?
Ils se disent, mais moi c'est pas ma vie de tous les jours.
Moi moi je suis bipolaire, je suis dépressif, je suis.
C'est c'est l'étiquette qu'on m'a collée et tous les jours c'est super dur.
C'est clair, c'est important, c'est important.
C'est important.
C'est important de de dire ça parce que beaucoup de gens qui qui qui souffrent.
Ont cette punition qui c'est de leur faute ?
Au fond, il y a quelque chose au fond, c'est aussi ça qui se passe, c'est que tous les gens qui vivent une dépression, qui sont bipolaires ou d'autres formes de souffrance psychique, même moins grave, c'est quand même de leur faute.
Au fond, ton livre montre que c'est non seulement c'est pas de leur faute, mais il faut habiter cet.
Espace.
Et quand bien même ça ne serait pas de leur faute, il faut absolument qu'ils aillent mieux.
Oui, c'est ce que montrent les réseaux sociaux quand même beaucoup.
Oui, c'est clair, il faut aller mieux, mais.
Mais ce côté c'est c'est moi.
J'entends beaucoup de gens qui au fond d'eux ils ont l'impression oui c'est de leur faute.
Peut être faut ce serait mieux de dire ils sont un peu exclus de la société parce qu'ils ils souffrent.
Et au fond ton livre veut montrer ?
Pas d'un point de vue théorique mais d'un point de vue.
Je disais émotionnel.
Qu'on peut qu'on peut se réhabiliter ça.
Oui, qu'on peut se le permettre, qu'on peut se permettre d'aller mal aussi dans ce monde et durablement.
Enfin, je veux dire, quand ?
Pas durablement, mais sur une longue période aussi, c'est on vit comme des enfants.
Pour moi, on vit comme des enfants.
En quel sens ?
Bah on est dans un monde où il faudrait toujours aller bien.
C'est le monde du oui oui des bisounours.
Tout va bien.
Et puis.
Et puis finalement oui, on peut pleurer, mais pas trop longtemps et puis c'est, c'est vraiment ce contre quoi je m'assure, je pense vraiment, même parfois sur les réseaux sociaux on voit, j'ai perdu mon père, j'ai perdu ma mère, mais quel chemin merveilleux parce que je sais qu'il m'a envoyé un signe derrière les étoiles.
Le deuil c'est pas ça en vrai, le deuil c'est pleurer c'est c'est, c'est pas savoir comment on va se lever le matin, c'est.
C'est pas se voir comment on va travailler, c'est parfois enfin et ça prend du temps.
C'est vrai, c'est important de de dire ça.
Ça, c'est la réalité de nos vies et ce grand décalage entre la réalité et ce qu'on nous montre ou ce qu'on devrait faire nous rend encore plus malade.
C'est c'est, c'est tout à fait juste une des questions que tu poses et en partie à travers tes personnages.
C'est si je perçois ce que l'autre ne perçoit pas.
Lequel des 2 dit vrai ?
Alors c'est c'est quoi la ?
Qu'est ce que tu peux parce.
Que nous avons chacun notre propre perception de ce monde.
Une perception biaisée et la norme veut donc.
Mais si j'arrive à percevoir par exemple autour de toi, Fabrice, autre chose que tu ne vois pas, pourquoi ça serait moi qui serait folle ?
Pourquoi ma perception serait erronée ?
C'est abyssal comme c'est abyssal, là comme comme question.
Oui, c'est abyssal.
Et en même temps, la science aujourd'hui s'intéresse à ces questions.
Parce que la physique quantique, c'est ça aussi.
C'est à dire ?
C'est à dire que l'observateur.
Joue un rôle dans la perception, dans ce qu'on dit réel.
Moi je pense que nous sommes à l'aube de découvertes qui vont nous montrer que notre réalité n'est pas celle que l'on croit.
Qui vont nous permettre de sortir de cet enfermement dans cette sorte de de normalité à des à des à des axes aussi du du livre.
Et toi tu marches vraiment sur un fil ?
C'est c'est mais c'est c'est.
C'est même difficile de voir comment tu tiens sur le fil.
C'est de montrer que pour une part la folie c'est une faille dans le contrat collectif du réel plutôt que d'un individu défaillant.
Mais ça mais ça c'est c'est du coup c'est vraiment un fil parce que tu ne dis pas pour autant c'est ça que tu dis pas.
La folie a raison, c'est bien d'être fou.
J'essaie juste d'avoir la compassion, de comprendre que la folie n'est pas qu'une maladie psychique, mais aussi une maladie sociale, une maladie de l'accueil, une maladie, de l'impossibilité d'accueillir celui qui est différent.
Et moi, comme tout le monde sait ici, insiste beaucoup sur le sur dépsychologiser tout.
On voit là que t'as un rapport très social à la très social très comprenant.
Tout l'environnement politique, au fond, peut être que beaucoup de gens qui souffrent, il y a une part de leur souffrance qui est bien sûr liée à une forme de maladie, mais aussi du non accueil que la société fait de cette souffrance qu'on a dit avant, faut qu'on aille bien, faut qu'on faut qu'on s'en sorte, faut qu'on faut que tout devienne positif, qu'il y ait une manière de pas aider les gens et donc ça renforce la souffrance.
Donc ça c'est ça la ligne, la, le le fil.
Tenue que sur lequel tu te tiens un peu miraculeusement, si je peux dire de voilà comme lecteur, je trouve ça un peu miraculeuse, mais comment elle fait ce que voilà, ça pourrait très vite on va dire.
Ah non ouais ça, ça pourrait très vite devenir une idée.
Et donc évidemment là on est obligé d'en parler, mais dans le livre on comme c'est, c'est c'est comme un morceau de musique.
Chaque note compte, donc chaque mot compte.
Donc c'est un peu difficile ici d'en parler, parce que si tu tiens vraiment sur le fil, ça pourrait très vite tomber.
Bon la folie c'est bien parce que pas du tout, tu dis tu, tu, tu, tu montres vraiment la souffrance de tes personnages qui traversent d'une manière différente différentes manières de plus réussir à vivre et d'être de plus y arriver.
Et en même, c'est ça.
Est ce que tu es d'accord sur sur cette, sur ce paradoxe, sur ce fil dans lequel tu essayes de tenir ton.
Ton écriture ?
Oui, parce que dans cette société très clivée, très polarisée, on est souvent sur du ou ou c'est ça ou ça.
Moi j'aime bien le et c'est ça et ça la souffrance c'est et de la la, la folie c'est et de la souffrance.
Et une forme de lumière, d'intelligence.
Parce que on on n'est pas fou par hasard dans la folie, quelque chose essaie de se dire qu'il pourrait pas se dire autrement.
Est ce qu'on peut écouter ce que la folie essaie de dire ?
Exactement.
Et on ne l'écoute pas et on ne l'écoute pas.
D'ailleurs les psychiatres, bien souvent, je veux pas jeter la Pierre et la Pierre aux psychiatres hein, mais bien sûr qu'il y en a qui le font différemment.
Mais la façon dont ils sont formés d'ailleurs, leur formation, c'est pas d'écouter hein.
C'est directement de soigner, de donner un médicament qui va enlever le délire, qui va enlever la souffrance.
Ils sont formés à ça.
Alors il faudrait d'abord commencer par écouter, entendre.
Qu'est ce qui se dit derrière au fond, ça que tu fais dans dans le livre donc donc ce ce ce Yvan qui est venu te visiter.
Tu l'as écouté ?
Oui, bah, c'est de réparer un peu le manque d'écoute à travers Yvan, on pourrait dire que tu essaies d'écouter ceux qu'on n'écoute pas.
Oui, ceux qu'on n'écoute pas en nous, ceux qu'on n'écoute pas dans dans le monde.
Mais c'est c'est aussi ce que j'ai fait dans mon travail, écouter.
Alors le Yvan, il écrit, il parle, il y a des monologues d'une grande intensité.
Et il raconte avec beaucoup de lucidité, des fois avec un peu d'humour noir, ce que signifie vivre avec des voix qui commandent insultes et contredisent, c'est ça ?
C'est ça.
Et comment ça lui est arrivé.
Comment ça a commencé ?
Oui.
Est ce que tu veux encore une façon ?
On va pas tout raconter, mais pour quand même ancrer un peu le présenter.
C'est un jeune homme.
Qui a été diagnostiqué.
Donc on lui a mis une étiquette de schizophrène à l'âge de 17 ans, il en A207, ça fait 10 ans, 10 ans qu'il est en errance entre l'hôpital et son petit studio.
C'est le cas de beaucoup de personnes qui sont qui ont cette étiquette psychiatrique, faut le savoir.
Pourquoi ?
Parce que on donne des médicaments.
À un moment le patient ne prend plus ses médicaments.
Le délire revient donc, il refait un tour à l'hôpital psychiatrique, on le remet sous médicament.
Alors ça c'est la réalité hein, de ce que vivent ces patients.
Et bien souvent il y a pas tant d'écoute que ça.
On n'écoute pas le délire schizophrène.
Ah le délire.
Allez faut le shooter, puis quand il sera Shooté, Ben il fera moins de bruit.
Non, ce que tu ce que tu décris, voilà, encore une fois, c'est très subtil.
C'est pas la naïveté de dire il faut-il faut pas qu'il y ait de médicaments, il faut pas étiqueter les gens comme schizophrène, mais c'est de montrer que si on fait ça sans rencontrer la personne, c'est atroce, c'est.
Atroce.
C'est de la maltraitance, mais il y a beaucoup de maltraitance en psychiatrie.
Énormément, énormément.
Et au fond, la la maltraitance dans la psychiatrie, c'est la maltraitance générale de notre monde et c'est la maltraitance que chacun d'entre nous.
Tant aujourd'hui à avoir envers ses propres failles, ses propres émotions, ses propres difficultés.
Au fond, c'est tout ça.
Moi, elle raconte souvent, le délire de notre monde est complètement fou.
On parle d'émotions positives, si, si, jamais.
Mais les gens devraient juste se dire mais comment c'est quoi a inventé une idée aussi monstrueuse qui aurait des des émotions positives et des émotions négatives ?
Tout à fait.
Donc on voit bien si on n'est même pas capable d'accueillir toutes les émotions dans ce qu'elles ont à nous dire, comment on peut.
Enfin tout découle.
Enfin, on voit de là embryonnairement ce que tu décris à un niveau plus plus ample, d'une sorte de de là que des fois en les a entendu.
On se dit, mais il y a des personnages qui ont une étiquette comme fou.
Mais notre société est tout à fait folle.
Mais c'est ce que pointe Yvan.
Il pointe, lui que l'on qualifie de fou, pointe que cette société est folle.
Voilà, et c'est.
Qu'est ce que en quoi notre société est folle pour yvan ?
Justement dans ce bien être à tout prix, dans ce dans ce clivage qu'il y a entre normalité et folie.
Finalement, à un moment, il il regarde un journal, il y a.
Il dit, le Premier ministre a bien besoin d'antidépresseurs lui aussi, justement, dans cette façade qui exclut.
Moi je pense qu'on est dans une société et d'ailleurs c'est, c'est je crois, une des causes aussi de la maladie de la société qui exclut beaucoup.
Avant on vivait hein, le fou du village, il était dans le village hein, il participait aux fêtes, il était avec tout le monde, on faisait travailler.
Aujourd'hui on on isole, on exclut, on met à distance nos anciens, on vit plus avec les anciens, ce sont les EHPAD.
Tous ceux qui sont différents, ils sont dans des hôpitaux, on les met les appartements thérapeutiques, on les isole, on les exclut, ils font plus partie.
Il faut-il faut que le monde là dans lequel on vive soit très opérationnel sur papier glacé, que tout fonctionne vraiment de façon presque fausse, oui.
Alors il YA1 autre.
Il y a ce qui est beau, c'est qu'il y a plein plein de personnages qui qui.
Vont rentrer en relation comme ça, créer des liens.
Donc c'est toute toute l'histoire du du Roman.
Mais et donc on va parler d'un d'un autre personnage parce que c'est une autre forme de ce qu'on appelle folie.
C'est Joséphine.
Donc elle est aussi venue te parler parce que donc tu peux dire quel est le qu'est ce que Joséphine ne peut plus supporter ?
Plus exact, pardon, Joséphine n'est pas venue me parler, c'est Yvan qui m'a parlé de Joséphine.
Peut être il faut commencer par raconter objectivement enfin ce qu'on voit de l'extérieur et après peut être l'expérience intérieure donc de l'extérieur qu'est qu'est ce qu'est ce que vit Joséphine de l'extérieur ?
Joséphine, elle est tombée amoureuse d'un homme marié et elle aussi.
Elle a un esprit fantasque qui a été très.
Qui est qui est maîtrisée par ses parents ?
En tout cas, une tentative vraiment d'étouffement de cet esprit s'est plié à ce qu'on voulait d'elle.
Et dans cet amour pour cet homme marié, elle, son, son esprit fantasque total se réveille et elle et elle est au bord de la folie.
Donc elle tombe amoureuse de, de, de, de cet homme, de cet.
Homme marié.
Elle en fait presque une obsession.
Hein ?
Au début, ça va bien.
Puis ça devient de plus en plus obsessionnel, plus en plus obsessionnel.
Voilà.
Il la quitte hein et et et elle se dit qu'elle veut plus vivre.
Et c'est aussi finalement cette réflexion sur notre façon d'aimer.
Bien sûr il s'agit pas d'aimer de façon obsessionnelle mais c'est une jeune fille très entière.
Elle comprend pas le mensonge.
Parce qu'en fait voilà donc de l'extérieur elle est folle parce qu'elle est dans un délire amoureux jusqu'au point d'après de vouloir mourir quand il la quitte.
Mais quand on commence à rentrer dans ce qu'elle vit dans l'intérieur, elle supporte pas le mensonge de cet homme qui au fond veut juste s'amuser avec elle et l'a instrumentalisé.
Et au fond c'est ça le le elle, elle, elle est considérée comme folle, lui est considéré comme voilà normal.
Normal, il s'amuse.
Et au fond ?
Le livre mais est ce que c'est pas lui qui est fou ?
Est ce que c'est pas fou d'agir comme ça ?
J'ai instrumentalisé cette pauvre jeune fille pour juste avoir un peu de plaisir d'elle sans jamais avoir une relation sincère.
C'est ça que ça, c'est ça que.
C'est ça et ça devient.
Insupportable donc c'est ça, c'est à nouveau la compassion.
Encore une fois, c'est c'est pour ça qu'il est sur le fil.
C'est pas une justification quoi que ce soit, mais la compassion pour Joséphine fait qu'au lieu d'être juste condamné.
Elle fait plus partie du cercle des gens qui réussissent parce qu'elle fait une tentative de suicide.
Elle est réintégrée par la compassion du livre à une forme, voilà, elle est, elle est, elle est réintégrée, elle est, elle est reconnue.
Mais qui est fou ?
Celui qui fait semblant tout le temps, qui triche, qui ment ?
D'ailleurs, c'est une question de position ou celui qui a un cœur ?
Entier, hein ?
Qui ne sait aimer que comme ça ?
Complètement.
En même temps c'est tellement subtil.
En même temps tu vas montrer qu'il YA1 chemin pour chacun d'entre eux.
Oui c'est à dire que Joséphine elle elle elle va pas être, elle va, elle va dépasser, elle va garder son cœur entier mais en dépassant je sais pas comment dire l'illusion dans lequel elle était, elle va rentrer dans une autre dimension de l'amour.
Oui, tout à fait.
Mais au fond, ce que tu montres, c'est qu'il YA1 chemin pour chacun d'entre nous qui ne va pas consister à effacer notre folie, mais à apprendre à l habiter autrement, à la reconnaître autrement exactement et la reconnaître avec d'autres.
La reconnaître avec d'autres parce que le lien à l'autre est très important.
Oui encore, c'est encore le côté non psychologique du livre, c'est qu'on peut pas s'en sortir en se regardant soi-même, mais c'est vraiment le rapport à l'autre, qui, qui, qui, qui, ce qui qui qui libère.
Qui sauve un rapport authentique et profond à l'autre.
Oui, et parfois pas si profond que ça.
Le seul fait que Yvan soit regardé par 1 1, gérant d'une épicerie, enfin d'une supérette différemment qui lui donne un cageot de légumes peut suffire parfois.
À nous réinstaurer dans notre humanité et faire comment ?
Dans un coup on dit, Ah oui je suis pas normal, je suis-je suis enfin.
Pour lui, je le suis pas, oui.
Pour lui, je suis juste juste un jeune mec.
Qui a besoin d'aide, qui a besoin d'un petit coup de pouce ?
C'est ça et.
Donc le petit coup de pouce, ça me fait plaisir de lui de le faire exactement donc je lui donne un cageot de légumes parce que je vois qu'il a pas un sou.
C'est ça ?
Et mais je lui demande rien et je et j'ai pas besoin de quoi que ce soit, je lui donne juste c'est ça ?
Moi je crois beaucoup à ces petits, ces petits gestes de la vie qui sont très simples, mais.
On peut, moi je dis toujours, c'est vrai qu'on regarde notre propre vie.
Ce qui nous a aidé, c'est souvent des choses que personne n'a remarqué, que la personne qui a dû faire n'a même pas remarqué.
C'est ça.
Et un moment on était très mal.
Quelqu'un nous nous tend un verre d'eau, rien d'autre.
Et du coup, Ah ça.
Y est.
Voilà.
Ça, des choses comme ça, des petits, des petits moments de vie infimes et extrêmement lumineux, qui viennent souvent là où dont on ne les attend pas.
Parfois, quand on traverse des drames, on se dit, mais c'est mon meilleur ami, va m'aider ma famille, non, c'est le voisin, on le connaît pas d'un seul coup.
Hop, je vous ai-je vous ai fait de la soupe.
Je vous étiez pas bien ?
On va prendre un autre personnage, Laurette.
Alors elle, elle est venue me parler, c'est pour ça qu'elle a un phrasé très différent.
C'est vrai, j'avais pas fait attention maintenant que tu dis mais oui c'est vrai.
Elle, elle a son phrasé à elle et elle est venue vraiment me parler, hein ?
Et elle m'amusait beaucoup quand j'écrivais ce qu'elle me disait.
Elle m'a beaucoup amusée alors.
Qui est Laurette et quelle est elle l'épreuve qu'elle qu'elle fait ?
Euh, Laurette, euh, c'est une femme plus âgée.
Donc elle elle a pas de elle entend pas de voix, elle a pas de passion délirante, elle apparaît pas à elle dans la notre société.
Elle apparaîtrait pas d'abord comme quelqu'un qui serait du côté de la folie.
Oui, mais elle a fait une sorte de burn out selon elle, et elle se retrouve au bord de la mer.
Qu'est ce qui lui est arrivé ?
C'est quoi le alors ?
Qu'est ce qu'elle t'a dit ?
Ouais c'est ça pour moi qu'ils ont enlevé.
Qu'est ce qu'elle t'a dit et qu'est ce que toi tu as fait par rapport à elle ?
Alors ce qu'elle m'a dit, elle m'a raconté son histoire elle aussi, pourquoi elle se retrouvait au bord de mer.
Pourquoi elle a fait un burn out ?
C'est quoi son métier ?
Qu'est ce qu'elle ?
Pourquoi elle a fait un burn out elle ?
Travaille dans des bureaux.
Et à un moment, elle, elle n'arrive, elle n'y arrive plus, elle arrive plus à répondre aux demandes de ses hiérarchies, elle arrive plus à vivre correctement, elle arrive plus et elle ne sait pas pourquoi elle n'y arrive plus.
Mais ce qu'elle sait, c'est qu'elle est très fatiguée, qu'elle se repose donc au bord de la mer.
Elle est drôle.
Elle est ouais, elle est elle est drôle.
Elle est elle est caustique on va dire.
Elle aussi.
Elle a un regard sur le monde un peu amusé du haut de sa falaise.
Est ce que c'est aussi ?
Est ce que son histoire ?
Est ce que sa place dans le roman ?
Est ce que ce qu'elle nous dit à nous aujourd'hui, c'est que notre société fabrique des États d'épuisement psychiques qui ressemblent à rien, de spectaculaire qui passe inaperçu.
Parce qu'ils paraissent raisonnables, mais qu'ils sont pas raisonnables du.
Tout ?
Oui, mais.
Et sans déflorer le le roman, on découvrira que c'est un peu plus complexe, hein ?
Voilà, c'est compliqué ici de d'en dire plus.
C'est clair, faut pas trop en dire plus parce que c'est c'est moi.
Je pense que voilà, il faut donner aux gens envie de lire le le livre et et en même temps qu'on que dans notre dialogue, ça donne envie aux gens aussi de.
De faire de faire ce travail de compassion que que que que tu fais.
Tu parles beaucoup du poison qui est on a.
On a parlé là de comment un geste très simple de quelqu'un peut ouvrir la personne à la vie.
Et aussi tu montres aussi l'inverse.
Comment le regard de quelqu'un peut être un vrai poison ?
Et là tu décris beaucoup.
Pour beaucoup, les proches, la famille de de des personnages ont ont ont vraiment un regard qui parfois transmet du poison.
Oui, sans qu'il le veuille vraiment parfois.
Pour Yvan, sa famille, elle est pas spécifiquement toxique.
On n'est pas dans des là encore.
J'ai essayé d'être au plus juste hein dans je pense.
On n'a pas toujours la famille ultra toxique maltraitante là.
C'est des parents qui se déchirent, qui finalement ont peu de disponibilité pour leurs enfants.
Et quand survient la maladie, c'est jatro dans leur histoire de couple, ils se séparent et finalement ils sont peu présents à leurs enfants parce que.
Puis ils ont honte.
C'est peut être le le le peut être le seul moment de poison.
C'est juste la honte qu'ils ont.
Oui.
Oui, oui, le père a honte de son fils.
Et le fils sent cette honte, et c'est bien sûr.
Terrible.
Et il pense aussi que sa sœur a honte d'ailleurs, que tout le monde a honte de sa maladie.
C'est très beau, voilà.
On va pas raconter mais la rencontre avec sa sœur et le renversement avec sa sœur, c'est un moment Ben bouleversant mais tellement vrai.
Peut être on peut clore notre entretien par par par peut être.
On peut clore notre entretien en.
Si tu veux bien expliciter le titre du livre.
Hein, nos folies ?
Parce que nous sommes tous font quelque part.
Nous sommes tous border quelque part, même si certains s'adaptent mieux que d'autres ou apprennent à s'adapter mieux que d'autres, c'est important de le dire.
Moi je pense que dans mon écriture, il y a une forme de folie aussi.
Enfin, j'entends des voix finalement.
J'en fais peut être des romans, mais j'entends des voix.
Moi aussi j'ai bien d'autres énergies qui viennent de me parler aussi.
Donc est ce que c'est de la folie ou c'est une autre perception ?
Donc nos folies invisible parce que il y a une phrase dans ce roman que j'aime bien, je je dis que j'aime bien, comme si je l'avais pas écrite, mais j'ai tellement le sentiment de ne pas écrire mes romans de de voilà d'un script finalement.
Entre moi et moi, il YA1 monde où tu n'es pas.
Tu sais-je ne sais pas, Fabrice, ce qui se passe dans ta tête à ce moment précis.
Tu ne sais pas ce qui se passe dans la mienne.
Tu sais pas que.
Du coup, je ne sais même pas ce qui se passe dans la mienne.
Voilà parce qu'en fait c'est ça le le le.
Mais tu as des pensées, tu vois, tu as des choses qui te traversent, c'est clair, mais on est.
On est à soi-même tellement énigmatique.
C'est ça ?
Donc il y a des pensées qui te traversent, que tu attrapes parfois, que tu n'attrapes pas, qui font juste passer.
On sait même pas d'où ça vient.
Et moi je les connais pas, tu vois, je vois de toi ce que je vois là dans ce fauteuil, et tu vois de moi ce que tu vois, silence fauteuil, qu'est ce qui se passe, tout ce qui se passe dans ma tête aussi, donc c'est invisible tout ça, ce qui se passe à l'intérieur de nous, c'est invisible.
Mais aussi bien sûr qu'il y a cette part d'invisible spirituelle dans ce roman.
Moi j'ai j'ai, je dis souvent que les romans finalement que j'écris sont des romans initiatiques, j'essaie.
D'offrir dans ce roman un autre regard sur la folie, oui.
On n'a pas parlé de ça.
C'est c'est, c'est oui, je j'aurais dû.
Parce que au fond, c'est 1£ spirituel, c'est de montrer que il y a une aspiration spirituelle.
Les gens sont fous parce qu'ils peuvent pas renoncer à une aspiration de quelque chose de plus vrai, de plus authentique et de plus profond.
On ne sait pas expliquer la folie autrement aujourd'hui, en tout cas, on ne veut pas l'expliquer autrement que par de la Neuro.
Alors maintenant on cherche des gènes à tout hein, mais il y a des raisons à ça parce que si c'est génétique, ça veut dire des traitements à vie hein.
Voilà donc des laboratoires qui vont avoir des patients à vie.
Mais peut être que la folie, certaines formes de folie parfois, et je n'ai pas envie de généraliser, sont aussi une ouverture à un autre monde.
Et puis même même ce que tu montres, c'est sur un fil, même la folie qui est une intense douleur.
Elle est une intense douleur qui a un sens.
Et refuser le sens de cette douleur, c'est terrible.
Au fond, c'est ça, il y a, il y a dans toute forme de de folie une une demande de sens et de refuser ce sens, c'est ça qui est barbare.
Bien sûr, on peut apaiser les gens avec des médicaments, mais on mais si c'est fait au détriment d'entendre.
De la rencontre, de l'entente et du sens.
J'ai au fond ça qui est qui est insupportable.
Oui.
Donc parce que je suis plus reconnu, je suis condamné, je suis jugé, je suis empoisonné par le regard de l'autre et je suis en faute et et et rien de ce que je vis n'a n'a de sens.
Or toute folie a un sens.
Toute folie a un sens, oui, toute maladie a un sens aussi quelque part et.
Et l'idée, c'est vraiment d'essayer d'entraîner le lecteur dans cette descente en soi, pour qu'il s'interroge lui même sur sa propre, ses failles, ses folies, ses les endroits où il les limite, où il est au bord de cette falaise lui aussi, mais pour l'aider, pour le prendre par la main et pour l'aider à remonter et à regarder le monde un peu différemment.
C'est sûr qu'en lisant ton livre, je.
Ça nous aide à apprivoiser ce qu'on voudrait, ce qu'on voudrait peut être, pas regarder en nous.
Oui, à l'apprivoiser, parce que au fond, ton regard comme que j'ai dit, ce regard de compassion devant la folie de tes personnages, t'essaies de nous le transmettre envers nous même, que nous puissions avoir ce regard là envers nous même.
Oui, ce regard de compassion envers nous même, oui, exactement.
Et d'arrêter de se fustiger parce qu'on rentre pas dans les cases et ne pas rentrer dans les cases.
C'est ce qui va être aussi initiateur de de créativité.
Notre créativité, elle passe aussi par ces moments comme ça où on sort du cadre, sinon on peut pas créer, donc il faut de la folie pour créer.
C'est clair, c'est très important.
Merci infiniment.
Merci d'être venu.
Je pense que c'est comme je l'ai dit tout au long de ce dialogue, je crois que c'est tellement important de le pas que tu nous invites à faire merci beaucoup.
Merci d'avoir suivi cet épisode de dialogue.
C'est vraiment un vrai merci parce que c'est vraiment précieux que vous ayez vu cet épisode jusqu'au bout, que ça vous parle, que je fais ça pour vous.
Donc c'est vraiment un échange.
Et je suis vraiment conscient aujourd'hui qu'autour de dialogues y a véritablement une communauté de gens pour qui prendre soin du monde, prendre soin de soi, prendre soin des autres compte beaucoup.
Et c'est vraiment merveilleux de voir qu'on est.
Ainsi une communauté.
Alors n'hésitez pas à partager, à liker, ça a l'air de rien mais c'est vraiment très important.
Ça participe d'une sorte de contagion heureuse dont notre monde a bien besoin, hein ?
Je vous embrasse et je vous dis encore une fois merci.