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Retrouver de la force - Danielle Moyse - Dialogue #207

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Comment on tient face à l'existence dans en en période de crise ?

Le propre de la souffrance, c'est qu'elle prend toute la place, elle est obsessionnelle et elle prend toute la place.

Et avec la méditation, il y a une possibilité de l'inscrire dans quelque chose de beaucoup plus vaste.

Alors non pas la la réduire au sens où ce serait moins important, mais de la réduire au sens où il n'y a pas qu'elle et la méditation nous reliant.

Par définition à l'ensemble des phénomènes.

Embrasse finalement hein.

C'est vraiment l'embrasement de cette souffrance de telle manière qu'elle puisse être portée pas simplement par moi.

Je vois que c'est pas que moi qui vais assumer mon deuil.

C'est pas mon deuil, ma souffrance hein.

Mais l'ensemble des phénomènes me permet d'être en rapport à quelque chose qui est beaucoup moins lourd.

Ça vous arrivé de vous sentir un peu perdu ?

Et on sait pas très bien ce qui nous arrive.

Ou alors on est triste.

Non, ça vous arrive pas ?

On est triste mais on on on sait pas quoi faire avec ça, ou on est vraiment énervé ou frustré ou je sais pas, on peut être en colère.

Il y a plein de choses qui nous arrivent, comment faire pour rentrer en relation avec ça et essayer de de sentir ce qui se passe pour.

Trouver une manière juste d'etre avec ce qui nous arrive en fait c'est pas très souvent expliquer ça parce que les gens ont l'impression que s'ils sont tristes il faudrait qu'ils sentent plus leur tristesse.

Si on est en colère, faudrait qu'on soit calme.

On n'a pas du tout l'idée que le point central c'est j'entre en rapport, je sens, j'écoute ce qui m'arrive peut etre je comprends un truc et à partir de là je peux agir justement.

Apprendre à explorer cela, à comprendre comment faire cela très concrètement dans nos vies.

Voilà ce que je vous propose dans ce dialogue avec Danielle Moise qui est philosophe et enseignant de méditation, avec lequel nous partageons un même un même amour et une même passion pour la manière dont la méditation peut nous permettre d'éclairer nos vies.

Vous allez voir ça, c'est ça va vous libérer de plein de fausses idées sur la méditation.

Et surtout vous montrer comment, concrètement, ça peut vous permettre de transformer votre existence au au jour le jour.

Moi je suis Fabrice midal, enseignant de méditation depuis une trentaine d'années et fondateur de réseau dont vous avez peut etre entendu parler, qui est la principale école de méditation dans le monde francophone et qui propose des stages de méditation de manière très régulière.

Vous allez voir, maintenant c'est sur dialogue.

Et c'est passionnant.

Bonjour Daniel, Bonjour Fabrice.

Qu'est ce qui t'a ?

Conduit à te plonger dans la pratique de l'habitation et qu'est.

Ce que.

Tu y as découvert qui a été important pour toi ?

Alors c'est la conjonction sans doute de raisons personnelles et de raisons professionnelles si l'on estime que ma profession, entre guillemets, c'est de pratiquer la philosophie.

Les raisons personnelles, c'est que j'avais pressenti qu'il y avait une réponse.

Alors pas simplement de la méditation, mais de la tradition dont elle était issue, en tout cas pour ce qui concerne celle que nous pratiquons, notamment à l'école de méditation, à savoir dans le bouddhisme, y avait une réponse à la souffrance qui me paraissait très originale, qui n'était pas une réponse doloriste.

Qui était une réponse qui ne préconisait pas d'éliminer les problèmes, mais de rentrer en rapport avec eux.

Alors ça, déjà, ça a été vraiment décisif pour moi à la suite de deuils, et cetera.

Comment on tient face à l'existence dans en période de crise ?

Et je trouvais que la méditation était une manière de se mettre en rapport avec sa propre existence, notamment quand celle-ci a tendance à s'effondrer.

Voilà donc ça, c'est la première raison qui est personnelle maintenant la la raison philosophique.

La raison philosophique, c'est que la méditation me semble un une réponse incroyable à la philosophie, une une interpellation de la philosophie qui est fabuleuse, la philosophie.

Que je ne renie évidemment pas.

Je reste philosophe.

C'est une manière d'entrer en rapport au phénomène, notamment à travers le langage, notamment à travers le le phénomène du logos et la méditation n'est pas une parole comme une autre, c'est une parole, mais c'est une parole qui est un geste, c'est un geste et se cristallise sur ce geste, quelque chose d'inouï.

De la condition humaine, c'est à dire qu'il y a une manière de de s'asseoir.

Donc on pratique la méditation généralement de façon assise, même si des personnes qui ont des difficultés pour s'asseoir peuvent le faire autrement.

Malgré tout, c'est l'assise.

Mais cette assise dit quelque chose de l'être debout, de l'homme.

Moi, c'est ça qui me fascine, c'est à dire que l'être humain s'assied.

Il est en rapport à la terre, en rapport au ciel.

Ça dit quelque chose de façon magnifiquement symbolique de notre position très singulière, c'est à dire de ce trait d'union.

L'être humain est en quelque sorte le trait d'union entre la terre et le ciel.

Et méditer, c'est réapprendre ça.

Oui, la méditation c'est je me tais déjà, je rentre en rapport avec le silence.

Je m'aperçois que le silence, il était pas simplement autour de moi, mais le pardon, la, le, le bruit, le bavardage, et cetera n'étaient pas simplement autour de moi, mais en moi aussi.

Et d'un seul coup, je me trouve face au réel, hein ?

La, la philosophie a été d'abord l'aventure occidentale de la pensée.

Ça c'est incontestable, hein ?

Nous sommes tous philosophes sans le savoir.

Donc c'est mieux de le savoir.

C'est la raison pour laquelle personnellement, je me suis plongée dans ces, dans ces, dans cette aventure de façon explicite.

Mais la philosophie, comme la pensée occidentale en général, a des difficultés par rapport au corps.

Hein le le rapport Hein, de la philosophie au corps n'est pas forcément dit.

On s'assied d'emblée, c'est le corps qui parle.

La, la philosophie a tendance à penser l'être humain comme 1 1, animal rationnel et d'essayer de se centrer un peu sur la rationalité et a tendance d'oublier qu'on est des êtres corporels.

Et dans la pratique, c'est l'inverse, on.

Commence, c'est.

Ça par découvrir qu'on est corporellement présent au monde.

Oui.

On est corporellement présent au monde, il y a une possibilité à travers la méditation.

De se réconcilier avec le réel de façon très simple, très très simple.

La philosophie a été à la fois bien entendu, une dénonciation des préjugés, des, des opinions, des positions subjectives pour essayer de se mettre face à à ce qui est.

Mais la méditation le fait de façon tout à fait directe et dans une certaine mesure.

La méditation, la pardon, la philosophie qui a souvent été très conceptuelle, nous a aussi séparés du réel.

Et pour moi, ça a été une véritable découverte de qu'il y avait une possibilité de se mettre en rapport avec ce qui est sans passer par la parole, sans passer par le discours, pas même par le dialogue.

Mais je me pose.

Je déjà je vois tout ce qui m'habite à la faveur de cette pause, précisément et progressivement le silence se fait en moi et je suis face à ce qui est pour moi.

Alors pourquoi c'est une interpellation de la philosophie ?

Ce geste, c'est une interpellation de la philosophie parce que, au fond.

La philosophie a aussi concouru à la séparation d'avec le réel dont souffrent les hommes modernes.

C'est évidemment pas facile à faire entendre peut être hein, mais la philosophie a souvent été conceptuelle, alors les poètes peuvent le savoir mieux que les philosophes.

C'est la raison pour laquelle je t'ai amenée un petit texte de Fernando Pessoa qui dit une chose qui m'a vraiment bouleversée, je vais te dire ensuite pourquoi ?

Voilà ce que dit Pessoa dans les poèmes des assemblés.

Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre pour voir les champs et la rivière.

Il ne suffit pas de n'être pas aveugle pour voir les arbres et les fleurs.

Il faut également n'avoir aucune philosophie.

Avec la philosophie, il n'y a pas d'arbres, il n'y a que des idées, il n'y a que chacun d'entre nous, telle une cave.

Il n'y a qu'une fenêtre fermée et tout l'univers à l'extérieur et le rêve de ce qu'on pourrait voir si la fenêtre s'ouvrait et qui jamais n'est ce qu'on voit quand la fenêtre s'ouvre.

Et pour moi, la philosophie et la méditation, c'est l'ouverture de la fenêtre.

C'est très impressionnant de voir avec quelle simplicité la méditation nous reconduit à ce qui est.

Or, l'homme occidental moderne et la philosophie, comme le le voient très, très bien, c'est un texte très profond, mine de rien, d'une grande simplicité et extrêmement profond.

La philosophie AA concouru à la séparation de l'être moderne d'avec ce qui est.

De quelle manière ?

De la manière ou tout simplement, la philosophie est quand même un monde d'idées, ce que ce.

Que ce qui dit on voit pas d'arbres, on voit des idées d'arbres.

On.

On voit des idées d'art, on n'est pas dans le monde, on est dans dans.

La cave de son propre esprit, c'est ça.

C'est à dire que la philosophie a concouru à cette séparation par cette invention d'idées.

Ça a un texte, un texte qui m'a complètement.

Qui m'est arrivé en plein cœur parce que quand j'avais 20 ans, je voulais écrire et je savais pas trop pourquoi je voulais écrire 1£ qui s'appelait je l'ai jamais fait, j'aurais peut être dû parce que finalement ça rejoignait ça.

Je voulais écrire 1£ qui qui se serait appelé l'homme sans philosophie.

L'être humain, ça va de soi, l'être humain sans philosophie, parce que je je voyais bien que la philosophie était à la fois ma ma raison d'être, c'était quand j'ai entendu pour la première fois en terminale.

À un cours de philosophie, je me suis dit, Ah bon bah c'est c'est ça, c'est là que je dois aller, hein ?

La philosophie m'a appelée et en même temps, je sentais que l'histoire de la philosophie et ce que la philosophie avait fait de nous, êtres humains occidentaux, effectivement, avaient tendance à faire que nous ayons des idées d'arbres, des idées de quoi que ce soit, des idées d'humains, par exemple.

Animal, l'homme, animal rationnel par exemple, voilà une idée.

Alors ce qui est très frappant, c'est si on entend bien ce que tu dis, c'est que ceux qui sont prisonniers de la philosophie que la méditation libère, c'est pas forcément ceux qui sont philosophes professionnels.

Des gens qui ont l'impression d'avoir jamais fait de philosophie qu'ont peut être jamais lu 1£ de philosophie sont beaucoup plus prisonniers de cette entente philosophique que dénonce Pessoa, qui ne le croit.

Ah Ben absolument.

Faut expliquer parce que c'est très surprenant.

C'est tout à fait passionnant ce que tu dis, et c'est tellement vrai.

Hein ?

C'est à dire que nous sommes tous philosophes sans le savoir, surtout en Occident, hein.

Quand quand on dit c'est l'aventure occidentale de la pensée, c'est vrai, et sans que nous le sachions, nous sommes conditionnés par la philosophie, hein ?

Ne serait-ce que par le le.

Parce que l'ensemble du phénomène technique est le résultat de la philosophie.

Il a fallu des mutations philosophiques pour que nous en venions à ambitionner de devenir comme maîtres et possesseurs de la nature par exemple.

Hein alors c'est la Formulette Descartes comme chacun sait, mais ça a mis un certain temps à se traduire dans la technique puisque le mot technique n'apparaît pas chez Descartes.

Encore le mot sujet, on dit le sujet pensant c'est Descartes, mais le mot sujet n'apparaîtra chez Kant par exemple, YA1 décalage hein.

Mais nous sommes les héritiers de tout cela, notamment alors le phénomène technique.

Y a pas besoin de faire un dessin aujourd'hui pour savoir que le phénomène technique.

C'est le meilleur et le pire, hein ?

Et notamment que en venant pour notre rencontre, je je regardais.

Je j'essayais d'être dans une posture méditative pour justement ne pas être dans la préconception et être ouverte à ce que tu allais me poser comme question, hein ?

Entendre véritablement ce que tu allais me demander.

Et je voyais tout le monde.

Je je pense que le il devait y avoir sur un wagon de 50 personnes.

Il devait y avoir 2 personnes qui n'étaient pas sur leur écran.

Donc là on voit très très bien comment les gens sont plus du tout avec ce qui les entoure, sont plus du tout là sont plus du tout au monde hein.

Et ça c'est comme tu dis, c'est le résultat de la philosophie.

Autrement dit, telle personne qui utilise son téléphone portable ne sait pas du tout que c'est la concrétisation effective de la philosophie.

Mais pourtant ça l'est.

Et bien alors évidemment, faut ruser.

C'est ce que sans doute on est en train de faire là.

C'est à dire qu'à travers la technique, à travers les écrans, nous allons pouvoir essayer de lancer un cri pour dire, asseyez vous simplement, Regardez les fleurs, les arbres et n'ayez pas d'idées, suspendez toute idée sur les sur les arbres, les fleurs, et cetera.

Et ça, ça m'a complètement impressionné.

La première fois que je suis venu à un des séminaires que tu organisais, je suis ressortie de et en sortant de ce séminaire, je je ne voyais physiquement pas.

Les choses comme je les voyais une semaine plus tôt.

Ce qui enfin pratiquer, c'est.

Ça pratiquer, c'est ça.

C'est c'est, c'est transformer complètement notre manière d'être au monde et de voir le monde.

C'est ouvrir le voile.

C'est un voile se déchire, hein ?

Bien sûr.

J'avais toujours vu des fleurs et des oiseaux.

Mais on pratique une semaine dans le silence et on fait silence en soi, on on se dépouille de toutes ses on, alors on se dépouille de soi-même, hein, c'est c'est, c'est, c'est génial ce qu'il dit, hein, il dit, c'est extraordinaire ça, ce ce petit texte, tellement simple, hein, les poètes quelquefois ont des ont des illuminations, on le sait avec Rimbaud, mais c'est ça, c'est ça l'illumination, hein, c'est à dire C'est pas un truc complètement barré, au contraire, d'un seul coup déchire, c'est quelque chose, quelque chose se déchire et je suis.

À nu face au réel.

Donc la la poésie est à même de faire ça aussi, mais la méditation aussi hein.

Il dit, il n'y a que chacun d'entre nous telle une cave, c'est à dire que je suis enfermé dans dans mon petit monde intérieur, dans ma petite subjectivité, et je suis plus en rapport à à avec ce qui est.

Et donc c'est Jean.

Y a peut être autre chose hein que que la méditation pour interpeller la philosophie y a certainement de choses, y a la poésie notamment.

Hein ?

Mais c'est sûr que la méditation est le moyen le plus direct, le plus radical pour accéder à ce qu'il y a comme c'est.

Or dans un monde où l'idéologie dominante c'est que l'homme doit décider de ce qui est, et Ben non, non non, c'est pas vrai, l'homme doit pas décider de ce qui est assieds toi et tu vas voir ce qui est, et là tu pourras peut être t'ajuster à ce qui est.

Donc c'est.

C'est un renversement, c'est un bouleversement.

Merci Fabrice parce que c'est non mais c'est vrai je alors j'avais déjà entendu parler de la méditation, j'avais essayé de la pratiquer un peu.

Je viens à ton séminaire et je le fais et je t'en entends parler et nous montrer nous guider dans ce ce mouvement, et je m'aperçois physiquement que c'est ça qui se passe, c'est à dire que la méditation est une ouverture, une ouverture.

J'en connais pas d'autre hein, y a encore une fois y a peut être d'autres choses.

Hein mais et puis je suis toujours très très prudente par rapport à toute.

C'est pas une solution hein.

Je veux pas laisser laisser entendre que ça y est la la méditation va tout résoudre, c'est pas de ça du tout qu'il s'agit hein, mais en revanche il s'agit bel et bien de se remettre face à ce qui est comme C'est alors à ce qui est comme c'est en ce qui concerne les émotions.

Qu'est ce que je fais de ça ?

D'un seul coup, je suis dans une grande colère, je me pose, je suis toujours dans la grande colère, qu'est ce que j'en fais de ça ?

Et apprendre que on peut faire autre chose que dégager ma grosse colère et essayer de rentrer en rapport avec elle, voir ce qu'elle me dit, et cetera, et cetera, c'est complètement salutaire et c'est complètement à mon à ma connaissance, sans équivalent.

Voilà donc ce cette cette invitation à renouer avec le silence comme berceau de la parole.

Pour un philosophe, c'est.

Complètement précieux puisque la parole, c'est son élément.

La, l'élément de la, la philosophie, c'est la parole, hein.

Mais retrouver ce lien avec le silence et voir comment c'est ce silence qui va faire que nous puissions avoir une parole authentique, c'est à dire qui dit quelque chose véritablement du réel, hein ?

Et être en rapport avec une parole qui est une parole corporelle, ce qui est unique.

Non, j'exagère, le théâtre, c'est aussi une parole corporelle.

Mais voilà, hein, ça fait vraiment partie des gestes éminents.

Et ce qui est très très beau, c'est la simplicité de la chose.

C'est à dire que il y a pas besoin d'être agrégé de philo pour faire de la méditation.

N'importe qui peut faire s'asseoir, se mettre en rapport à ce qu'hier, rencontrer ses propres émotions, et cetera, et cetera.

Donc ça a été pour moi une oui, un voile qui se déchire.

Tu disais au début de notre entretien que ça a eu aussi 1 1 impact dans ton rapport à la souffrance, de quelle manière cette manière d'entrer en rapport à ce qui est transforme notre rapport à la souffrance ?

Moi ça a été le premier pas.

J'ai pas du tout pensé à la philosophie.

Quand je suis rentrée en en 2e approche et en en découverte, j'ai découvert ce que je viens de te dire.

En revanche, c'est vraiment une motivation personnelle qui m'a amené à la méditation, c'est à dire que j'avais traversé des deuils avec lesquels je savais pas trop comment faire et j'oscillais un peu entre je me coupe de ça parce que sinon je peux pas le soutenir.

Hein ?

Ou bien je suis dans la rumination de cette souffrance.

Et puis, si j'arrête de souffrir, c'est qu'au fond, j'aimais pas vraiment les gens que j'aimais.

Bon, et cetera, il y a tout ce voilà.

Et là j'ai découvert une voix médiane qui me permettait de de rencontrer cette souffrance sans s'y laisser empêtrer.

Et oui, et pour la plupart des gens, c'est une possibilité jamais entrevue.

Jamais entrevue.

C'est tu te dis très bien soit.

Je nie la souffrance, soit je m'enfonce dedans et que la méditation nous propose de nous relier à elle authentiquement, et que ça permet de plus en être à ce point victime.

Voilà qui est très peu su.

Absolument hein ça cette cette pratique qui métamorphose la souffrance sans l'annuler sans l'annuler.

Ça, ça je.

Quand on est dans un état de souffrance, notamment à la suite de deuil, on est dans l'idée que si, enfin en tout cas moi j'y étais, que si on comme on dit, on passe à autre chose, voilà.

On trahit ce.

Qu'on on trahit ce qu'on aime, ce qu'on a aimé, c'est tout le paradoxe.

On voudrait moins souffrir, mais en même temps on a peur de ne plus souffrir.

C'est ça et.

De alors, parce qu'on ne souffrant plus, on perdrait le lien.

Absolument et.

On veut pas perdre le lien avec ce qu'on a aimé.

C'est ça, c'est ça.

Et à travers la la, la méditation, il y a une possibilité d'être dans de prendre, de prendre acte de ce qu'on a vécu, de ne pas le le reléguer, de ne pas le refouler.

Hein ?

Ce qui est le mouvement naturel de l'esprit, qui a évidemment été magnifiquement décrit par la Psychanalyse, Hein, à très très juste titre.

Donc je peux rentrer ?

Je peux là aussi ouvrir une fenêtre sur cette souffrance sans en être anéantie.

Et comment elle peut à la fois me retenir, mais aussi me faire avancer.

C'est à dire que c'est la métamorphose de cette souffrance.

Comment je vais réussir à à rester en lien avec qui j'ai aimé sans en être anéanti.

Et ça c'est ça a été véritablement une découverte aussi, hein.

Le l'expérience hein ?

Parce que là c'est vraiment pas l'idée, l'expérience que la souffrance peut être porteuse sans dolorisme.

C'est ça la la la la chose très subtile dans l'expérience de cette, de cette pratique, de ce, de cette mise en rapport avec les émotions.

La possibilité d'abord d'être, de trouver une force qui va permettre de le faire.

Ça, moi, j'ai été complètement enthousiaste quand tu as commencé à transmettre la méditation à partir de l'expérience de la force.

C'est à dire que spontanément, comme ça, si je suis complètement démuni, je peux pas.

Mais je me relie à la force de la terre, du ciel, de l'assise, de tous les éléments familiers qui m'entourent.

Je trouve une espèce d'alliance avec le monde qui va me permettre de rentrer en rapport à ma propre souffrance.

Qui va le le le le propre de la souffrance, c'est qu'elle prend toute la place, elle est obsessionnelle et elle prend toute la place et.

Avec la méditation, il y a une possibilité de l'inscrire dans quelque chose de beaucoup plus vaste qui va d'une part alors non pas la la réduire au sens où ce serait moins important, mais de la réduire au sens où il n'y a pas qu'elle, et la méditation nous reliant par définition à l'ensemble des phénomènes.

Prend prend embrasse finalement hein.

C'est vraiment l'embrassement de cette souffrance de telle manière qu'elle puisse être portée pas simplement par moi.

Je vois que c'est pas que moi qui vais assumer mon deuil.

C'est pas mon deuil, ma souffrance hein.

Mais l'ensemble des phénomènes me permet d'être en rapport à quelque chose qui est beaucoup moins lourd.

Alors tu es tu pratiques depuis un grand nombre d'années, tu enseignes maintenant la méditation.

Au sein de l'école dont on a parlé, que j'ai fondée il y a une vingtaine d'années, quelle est la principale difficulté que les gens ont que tu vois quand tu enseignes la méditation ?

Quel est le qu'est ce qui fait obstacle ou blocage ou.

Ce qui pourrait faire obstacle, c'est c'est l'idée que tout doit avoir un résultat.

Or c'est tout ce que je te dis là, c'est dans le temps de notre échange.

Mais ça va se jouer dans dans la durée.

Alors comme on vit sous la dictature de tout tout de suite maintenant et que effectivement si je pratique 8 jours peut être alors ce qui est très impressionnant aussi, c'est que ça nous, ça nous fait faire l'expérience d'une ouverture, d'un soulagement.

Mais qui qui ne vont pas cesser de se perdre encore et à nouveau de telle manière qu'il va falloir y revenir.

Je vais pas m'installer dans l'attitude ou tiens Oh bah finalement maintenant moi je sais ce que c'est que la souffrance et je vais pouvoir faire avec.

Non non non non, ça marche pas du tout comme ça.

C'est à dire que à chaque fois qu'on souffre on on on on re souffre comme si c'était la première fois et donc on va devoir se réasseoir.

Voilà, le problème n'est pas réglé.

La méditation n'a pas réglé le problème de mon existence.

Et donc dans une idéologie où il faut que tout soit réglé, ça, ça va pas être évident pour un grand nombre de personnes.

Alors certainement que l'idéologie du développement personnel qui participe de la montée en puissance de la subjectivité, ça c'est un des, c'est un des visages.

Hein ?

Comment ?

La méditation est récupérée par le monde, par l'univers de, de, de, de la subjectivité.

Eh bien, c'est le développement personnel, et voilà, je, je vais régler le problème de ma vie, je vais forcément aller toujours bien, je vais pouvoir éliminer tous les problèmes que je vais rencontrer et ce sera de et je serai donc de plus en plus efficace dans ma dans mon existence pour affronter les problèmes, pour régler les choses.

Bon, et cetera, et cetera.

Donc ça c'est la récupération.

De la méditation par par l'univers ambiant et ça, ça fait bien sûr obstacle.

Et puis je crois que par la méditation, faut être un peu la.

La méditation est est d'abord un exercice de patience.

Si je crois que ça y est, c'est bon, tout est réglé et puis non, ça n'arrive pas, tout n'est pas réglé.

Je vais toujours avoir tel problème relationnel avec telle personne.

Je vais toujours divorcer, je vais toujours avoir tel problème de santé, c'est toujours là non ?

Alors là c'est vraiment j'ai été remboursée.

Donc voilà toute cette idéologie du Bah consommatrice aussi consommatrice je je vais consommer de la méditation comme je consomme de n'importe quoi d'autre, comme je vais consommer de la musique ou n'importe quoi.

Or non c'est pas.

L'efficience de la de la méditation est une efficience absolument différente de l'efficience du monde moderne.

Et donc ça évidemment, si on veut que de l'efficience tel que le monde moderne en le le la propose, la méditation est strictement inopérante.

Donc du coup on va se lasser puisque ça va pas produire.

Et puis aussi je crois qu'il y a.

Idée que, une fois que j'ai découvert la méditation, je vais rentrer dans un monde parfait.

Donc il je ne fréquenterai que des méditants qui font jamais aucun bug sur le plan relationnel, qui sont absolument angéliques.

Or pas du tout.

Je vais rencontrer des des humains assez ordinaires et qui ont des problèmes relationnels eux aussi, hein ?

Alors là effectivement, dans la, dans cette idée, dans cette idéologie suivant laquelle on doit régler les problèmes, évidemment ça marche pas.

Et dans ce cas-là, je peux être très découragée, très déçue.

Il y aura une alors ça c'est décrit d'ailleurs, hein, par les traditions méditatives.

Y a la lune de miel, celle que je viens de décrire, je médite une semaine, je vois le monde tout à fait autrement, et puis après je retrouve mes factures à payer.

Voilà hein.

Donc dans la mesure où on est dans cette idée que il va falloir s'installer dans une solution.

Hein, c'est toutes les idéologies politiques n'ont parlé que de ça au cours de 20e et 21e siècles.

Voilà monde communiste, on aura tout réglé, les problèmes, le nazisme c'est terrible, mais c'est pareil hein ?

Bah non, c'est pas ça.

La méditation va m'inviter à toujours revenir à la méditation, elle ne va jamais m'installer dans un monde idéal dans lequel tout le monde serait gentil, tout le monde serait parfait.

Personne ne me blesserait jamais ça, non ?

Et quand tu enseignes quelle est la, qu'est ce que tu vois comme une découverte qui frappe le plus les gens, on l'a vu, quel était leur obstacle ?

Mais qu'est ce que les gens découvrent là ?

Tu as dirigé plusieurs stages où en 5 jours, on initie les gens, la méditation.

Qu'est ce qui te frappe de de ce qu'il, de ce qu'il découvre ?

Pas beaucoup de choses.

D'abord, il YA1 certain nombre de personnes qui qui découvrent, qui qui qui se découvrent 1 1, droit à l'émotion, par exemple.

Alors ça, ça peut être très spectaculaire.

Il y a des gens en larmes, et cetera.

D'un seul coup, ils touchent à leur propre cœur en quelque sorte, hein ?

Donc ça, ça, ça, c'est des choses qui m'ont beaucoup frappé, des gens en larmes, des.

Gens qui découvrent qu'ils ont un cœur, c'est accès à leur cœur.

Ils voyaient plus comment avoir accès à leur cœur.

Et il y a une libération complète de découvrir qu'on qu'on a le droit d'avoir un cœur comme comme il est.

Oui bah l'autorisation aussi à être ce qu'on est, avec ses limites.

Hein, on va pas devenir un parfait ?

Quoi que ce soit, quoi que ce soit qu'au fond, le l'idée qu'on avait pour être un être humain, faut la être parfait, on la laisse tomber.

Dans la pratique, la pratique nous montre que ça n'a pas de sens, que.

Ça n'a pas de sens que.

C'était un faux projet, même si celui qui est dominant aujourd'hui.

Oui, oui.

Et ça c'est ça.

C'est une grande libération.

Ce que je découvre aussi, ce que je vois, c'est que les gens découvrent leur propre richesse.

Ça, c'est très très beau, très très beau.

C'est à dire que par exemple, ils vont découvrir leur propre souhaitent participer à cette œuvre commune.

Chacun à sa place, en toute humilité.

Je trouve ça très très très beau.

Ça je suis moi.

Je suis très impressionnée à l'école, par chacun des stages qui sont organisés, séminaire de retraite diverses et variées.

Parce que ce ne sont presque jamais des professionnels de l'hôtellerie, de l'accueil, de du tour et non jamais.

Et c'est une perfection.

Alors pour le coup c'est une perfection au sens où d'un seul coup les choses se mettent à chanter.

Et ça c'est tellement bouleversant de voir ces gens qui pour rien ils vont pas pouvoir mettre ça sur leur curriculum vitae.

C'est ça, voilà cette cette ouverture, cette capacité ce ce cette capacité de don, ça vraiment, je trouve ça très très étonnant, très étonnant.

Et puis toujours cette capacité qu'a la méditation, oui, d'ouvrir les cœurs en 5 jours.

Je me rappelle une fois, j'avais j'étais pas du tout enseignante d'ailleurs, j'étais simplement volontaire sur un stage et.

J'avais été chargée à un moment donné de diriger un groupe d'étude et y avait un Monsieur.

Je pouvais pas ouvrir la bouche tout de suite.

Il m'agressait, je devais représenter, je sais pas quoi.

Pour lui, une autorité peut être et c'était systématique.

Et puis un visage très fermé, très très fermé, on voyait une espèce de ressentiment sur lui.

Et Ben 5 jours plus tard, on faisait des selfies ensemble.

Il avait plus physiquement la même tête.

Ça, moi je je suis toujours très impressionné ça de voir l'effet réel que ça a sur les gens.

Il se passe quelque chose, voilà.

Alors maintenant ça, il va retourner chez lui.

Il a dû, il doit ravoir le même visage fermé maintenant hein ?

Mais voilà, il va falloir.

Ou peut être qu'il aura continué à pratiquer qu'il.

Aura continué à pratiquer.

Voilà et donc c'est une proposition.

Les gens sont pas enfermés hein, ils peuvent ne pas revenir.

Ça peut avoir ouvert un horizon, ça, c'est très, très important.

C'est absolument libre.

Nous pouvons partir, revenir, bon, et cetera.

Et ça, je trouve que c'est extraordinairement précieux de faire faire l'expérience à des gens qui peuvent changer, qui peuvent en un temps assez court finalement, parce que c'était en l'occurrence un stage de 5 jours.

En 5 jours se produit quelque chose par quoi les êtres humains alors, peuvent être en relation les les uns avec les autres, s'ouvrir à leur propre cœur, aux autres, à leurs propres richesses, à des projets qu'ils avaient laissés tomber et qu'ils redécouvrent, et cetera, et cetera.

Et ça, je trouve que c'est.

C'est extrêmement précieux.

Eh Ben merci infiniment Daniel.

J'espère que ça donnera envie à plein de gens de découvrir la méditation.

Et de découvrir tous les stages qu'on propose au sein de réseaux et et de venir d'écouter transmettre la pratique de la méditation.

Merci beaucoup.

Avec grand plaisir.

Merci Fabrice pour ton accueil.

Merci.

D'avoir suivi cet épisode de dialogue, c'est vraiment un vrai merci parce que c'est vraiment précieux que vous ayez vu cet épisode jusqu'au bout, que ça vous parle, que je fais ça pour vous.

Donc c'est vraiment un échange.

Et je suis vraiment conscient aujourd'hui qu'autour de dialogues y a véritablement une communauté de gens.

Pour qui prendre soin du monde, prendre soin de soi, prendre soin des autres compte beaucoup et c'est vraiment merveilleux de voir qu'on ait ainsi une communauté.

Alors n'hésitez pas à partager, à liker, ça a l'air de rien mais c'est vraiment très important.

Ça participe d'une sorte de contagion heureuse dont notre monde a bien besoin hein ?

Je vous embrasse et je vous dis encore une fois merci.

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