Susana Chavez, Israa Gharib, Myriam Largeteau, Rebecca Cheptegei. Leur mort, notre combat

August 2
14 mins

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Episode Description

J'écoute très souvent la chanson de Suzane "Je t'accuse"

D'abord parce qu'elle est d'une puissance à nulle autre pareille

Mais surtout parce qu'elle agit comme une piqûre de rappel

"Tu vas rien faire toi", chante-t-elle

Alors qu'est-ce que je fais moi, en tant qu'homme, pour lutter contre l'océan de violences, très majoritairement masculines, faites aux femmes et aux enfants?

Cette violence masculine est mon héritage, que cela me plaise ou non. 

Je suis un homme dans une société où pendant des siècles, les hommes ont brûlé des centaines de milliers de femmes comme sorcières.

Où ils les ont enfermées dans des couvents puis dans des asiles, alors qu'elles n'étaient souvent pas plus folles que vous et moi.

Où ils les ont lobotomisées par dizaines de milliers.

Où ils les ont privées et les privent parfois encore de droits aussi basiques que ceux de voter, de disposer de leur corps, de gérer leur propre argent. Des droits régulièrement remis en question, car pour les femmes rien n'est définitivement acquis.

Je suis un homme dans un pays où tous les deux jours et demi, un homme tue une femme, le plus souvent la sienne, pour la simple raison qu'elle est une femme.

Un pays où toutes les deux minutes trente, un homme viole une femme ou cherche à le faire. Presque toujours une femme qui le connaît.

Un pays où dès qu'une femme s'exprime sur les réseaux sociaux, des hommes l'attaquent sur son physique, l'insultent, la menacent de viol ou de mort, la cyberharcèlent

Je suis un homme dans une société qui n'a de cesse d'ériger la violence masculine en modèle, et qui se refuse à interroger le caractère systémique des violences masculines faites aux femmes et aux enfants. Notre culture du viol, notre culture de l'inceste.

Et lorsque les féministes prennent le temps de nous expliquer tout cela, nous disons qu'elles exagèrent, nous leur conseillons de passer à autre chose, nous les traitons d'hystériques.

Je ne suis pas responsable de tout cela, mais il m'appartient de décider ce que je fais de cet héritage.

Alors je travaille sur ma propre part de violence, pour en protéger celles et ceux qui me sont les plus chères.

Alors partout où cette violence frappe, je me refuse à garder les yeux, les oreilles et la bouche fermées à double tour, comme nous le faisons tous trop souvent.

Comme si cela ne nous concernait pas.Alors je me promets de me souvenir d'au moins une infime partie de celles que cette violence a détruites

Pour le 42ème portrait des chères oubliées, voici les portraits croisés de 4 femmes victimes de féminicide: une Mexicaine, une Palestinienne, une Française assassinée à deux pas de chez moi, et une Ougandaise.

Voici l'histoire de Susana Chavez, Israa Gharib, Myriam Largeteau, Rebecca Cheptegei. Leur mort, notre combat
A nous toutes et tous réunies, il nous est possible de nous souvenir de milliers de ces victimes de la violence masculine

Alors s'il vous plaît, du fond du cœur, ne les oubliez pas.

Car oublier ces femmes reviendrait à les laisser mourir une deuxième fois.

Prenez soin de vous et surtout des autres

 Guillaume 

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