Samia Yusuf Omar, la course ou la vie

July 20
11 mins

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"On ne laisse pas mourir un enfant que l'on pourrait sauver"

Cette phrase devrait bien sûr être étendue à n'importe quel être humain. 

Mais commençons par les enfants.On devrait toutes et tous se rassembler autour de cette phrase non?Et pourtant...

Pourtant sur les 40 000 exilé·es mort·es en Méditerranée depuis 2014, un chiffre largement sous-estimé, beaucoup d'entre elles et eux étaient des enfants.

Tous ces enfants, nous les avons laissé mourir, alors qu'il nous aurait été facile de les sauver. C'est même pire, nous avons organisé leur mort.

En laissant nos gouvernements mettre fin aux secours en mer alors qu'ils en ont l'obligation légale.

En sous-traitant la gestion des frontières à des trafiquants d'êtres humains financés par nos impôts.

En imposant des règles absurdes voire en criminalisant les associations de sauvetage en mer comme SOS Méditerranée, qui font tout ce qu'elles peuvent pour sauver notre honneur, parfois au péril de leur vie.

Et tout cela pour satisfaire nos fantasmes xénophobes sur la "crise migratoire". Il n'y a pas de crise migratoire, il n'y a qu'une crise d'humanité.Deux exemples récents parmi beaucoup d'autres:
- le 17 juin les député·es européen·nes ont voté un "règlement retour" permettant notamment de renvoyer dans l'enfer des camps de torture libyens les survivant·es qui ont échappé à cet enfer. Si vous pensez que j'exagère, regardez cette interview de Cécile Allegrainfatigable témoin sur le sujet, notamment avec ses documentaires "Voyage en barbarie" et "Le chant des vivants"
- le mardi 23 juin, des membres de la Commission Européenne, accompagnés de représentants de 15 pays, ont déroulé le tapis rouge à des membres des talibans afghans, une organisation terroriste faut-il le rappeler. Pourquoi? Pour discuter de l'expulsion des réfugié·es afghan·es. Rappelez-vous en la prochaine fois que les mêmes viendront verser des larmes de crocodile sur le sort des femmes afghanes!

Celle dont je vais vous parler aujourd'hui avait quitté les rivages de l'enfance, mais elle avait à peine 21 ans quand elle est morte noyée au large de l'île italienne de Lampedusa. Morte d'avoir voulu vivre son rêve.

Pour le 41ème portrait des chères oubliées, voici l'histoire de Samia Yusuf, Omar, la course ou la vie.

4 ans avant sa mort, elle était devenue la femme la plus rapide de Somalie et avait représenté son pays dans l'épreuve du 200 m des Jeux Olympiques de Pékin, à l'été 2008.

Cette histoire m'a profondément bouleversé, et j'espère que le récit que j'en fais ici sera à la hauteur du courage de cette femme, comme de celui de toutes celles et ceux qui prennent la route de l'exil, en quête d'une vie meilleure.

Prenez soin de vous et surtout des autres

Guillaume

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